Carnets novembre 1999 - mars 2000 |
Journal 1 |
Fragment 1. |
Novembre 1999.Commissariat de police. Pièce vide, couleur verte et blanche. Porte verte, murs blanc cassé. Clarté. Et les cris d’enfants, probablement d’une cour de récréation. Plus loin, en échos fluides dans la pièce claire. Le blanc, le vert des murs. C’est de l’eau. De la propagation d’eau. Liquide des sons qui arrivent. De l’autre côté, dans une autre pièce : claquement des touches du clavier d’un ordinateur. On perçoit à peine une succession de petits bruits prestes ; semble être de la matière plastique sur laquelle on applique de vives pressions, rapides, irrégulières. Bruissement léger d’une voix grave, celle d’un homme à ce qu’il semble, suivi de celle plus fluette et à la fois plus élevée d’une femme. La voix de la femme fait échos à celle de l’homme, puis bourdonne de manière continue, seule. Puis celle de l’homme, plus forte que précédemment. On n’entend plus le bruit des touches du clavier. Puis à nouveau, encore le bruit des touches. Et le bourdonnement de la voix féminine, similitude avec celui d’une radio. De l’autre côté, dans la pièce vide et sonore, dureté des parois, toujours les échos blancs, brefs, des voix des enfants. Sans doute proviennent-ils d’une fenêtre restée ouverte. Une porte grince, puis claque. Voix blanches des échos. On dirait que çà vient d’un sous-sol, d’une cave. Ouverture automatique d’une porte. La serrure est électrique, bourdonne, claque. A nouveau bourdonne, s’ouvre, se referme, claque. Quelques personnes attendent, assisent. Des enfants chuchotent. En fait, il y a trois personnes avant moi : une femme avec deux enfants, une femme noire et une autre femme blonde. Un homme assez âgé vient d’entrer. Le recensement est obligatoire à 16 ans. Affiche jaune paille, blanc cassé, pâle. La femme. Guadeloupe. Fort accent : « Y avait 2000 et 3000 francs… Il a tout pris… C’est facile… Qui en à deux… On y croit parce qu’on se dit : c’est pas possible ! .. On pense pas que çà va nous arriver. Mais quand même… Ils ont déjà fait des démarches pour la Guadeloupe… Il pleut là-bas, oh oui… Ca transportait des maisons, des voitures… C’est comme la mer qui transporte des maisons et des voitures… En Guadeloupe l’eau monte vite parce qu’il y a des rivières et de l’eau partout… Il fait beau là-bas… Le soleil… Les fruits et les fleurs… Les maisons sont l’une sur l’autre… La circulation est très dangereuse par contre. » |
Fragment 2. |
Non daté.R.E.R. E. Vers la gare du Nord. Tubes au néon glissent sur le côté gauche de mon champ visuel. Crissements. Devant moi, légèrement à ma droite, deux hommes sont assis l’un en face de l’autre. Plus tard, cinq escaliers roulants, vides tous les cinq. Personne. Les couloirs et les quais sont vides également. Les cinq escaliers sont mus d’un même mouvement d’ensemble parfaitement synchrone. Ailleurs, des gens, debout sur les quais, à égale distance les uns des autres ou presque. Le train arrive. Un souffle. Bruit du métal sur les rails qui s’engouffre dans les tunnels, sous les voûtes ; les ondes sonores résonnent sur les parois dures d’émail bleu et blanc. Un grondement sourd, le crissement des freins. A l’intérieur de la rame. Des gens assis, d’autres debout. Immobiles. Les pieds tenus sur le sol, bien à plat. Cette impression, parfois, que tout se passe au niveau des semelles. Bien sur(?), c’est faut. C’est l’ensemble du corps qui se tient. Le centre d’équilibre de première nécessité. Et tout le reste… Sol de caoutchouc. Une succession de lignes parallèles. Adhérence. Le relief atténué par l’usure. Un bruit de plastique. Une jeune femme pose sur ses genoux une poche de plastique jaune vif. GIBERT JEUNE. En face, gants blancs. Manteau anthracite. Une écharpe rouge autour du coup. Une femme tient devant ses yeux un rectangle de carton blanc. Sans doute s’agit-il d’une carte de visite. Secousses. Les lampes sur les parois, les unes à la suite. 1CARN. Sur la vitre, lignes serrées, blanches. Des traces de gommes peut-être. Surface molle, tendre. Du Plexiglas ? Des gens montent. Descendent à chaque arrêt. Souliers vernis brillants. De couleur noire. Des basquettes bleu pâle. Un cartable entre les chevilles. POUR APPELER LE CHEF DE STATION. Appuyez sur le bouton et relâchez. Attendez la réponse. Annoncez : ici quai Austerlitz et parlez. |
Fragment 3. |
Non daté.Pluie. Les trottoirs renvoient des reflets gris, couleur de tôle, de toit. Peu de lumière. Une lumière de métal. Un vieil homme marche difficilement. Remonte la ruelle, vers un morceau de ciel en pointe. Une femme noire, les deux bras chargés de courses. A gauche : cris, adolescents. Gorges. Longs qui cessent. |
Fragment 4. |
DREUX. GARE SNCF. 28.12.99.Salle rectangulaire. Sol carrelé de dalles jaunes blanches noires. Trois portes s’ouvrent sur le parking de la gare. Deux sur les quais. Des pas. Les gens se déplacent sans autre raison que le déplacement. Attendre à gauche puis à droite près du kiosque à journaux. Deux guichets ouverts. Quelques personnes font la queue. Claquement sec. Un composteur. Bruit de boîte. Mouvement vif d’un objet dur à l’intérieur. Le bruit résonne dans le hall. Des sacs plastiques qu’on froisse. Des pas. Une ombre frôle mon champ visuel. Déplacement sombre de droite à gauche, légèrement en biais. Le train pour Paris : 15h05. La voix. Les paroles dans la salle froide. Contre les parois. Les vitres des portes. Ca résonne. Un chuintement continuel, souffle. Des personnes sont assises sur des fauteuils métalliques. Attente immobile. Une femme entre. Son parapluie est ouvert. Elle le tient toujours au-dessus de sa tête. Couleur rouge et bleu. Les portes automates s’ouvrent, se ferment. Ombre bougée. Se déplace. Bruit de pas. Vêtements froissés. Un bougé pâle, diffus. Plus sombre vers le haut, emporté. Lignes des joints du carrelage. Translation des corps. Des mouvements lents. En fait, ce que je cherche à dire c’est ce qui se passe à l’intérieur de l’œil, sans arriver jusqu’à la pensée, c’est à dire, l’interprétation, l’image. L’image c’est de la mémoire, de la pensée. Train. A l’intérieur du wagon. Odeur de tabac froid. Banquettes de Skaï jaune moutarde. Vides. Dans l’autre compartiment, elles sont orangées. Mouvement sur le quai à droite. Une jeune fille assise à l’extérieur fume une cigarette. D’ici, on aperçoit l’intérieur du hall. Le composteur rouge orangé, un morceau du panneau lumineux. Les guichets. Quelques lettres bleu foncé : AGES LLE. Séparées par de grands espaces lumineux. Les portes automates se referment. Morceaux de ciel gris, rectangulaires, pâles. Voilent partiellement le bandeau indicateur des guichets. Superposition. A gauche, une motrice à l’arrêt. Laisse échapper des touffes de fumée blanche. Soufflerie. Le chauffage du train se met en marche. Ronflement bouillant. Reflets jaunes sur les vitres. Reflets parasites. Un homme en vêtements rouges. Des voix. Il fait froid. Temps gris humide. Des nuées de fumée bleue. La pluie sur les tôles, les vitres. Deux vitres côte à côte dans le chambranle qui sépare. Contours d’édifices gris Le train. Direction. Des clôtures. Des pieux de béton armé. Du grillage. Les champs inondés. De larges pans de ciel dégorgés des nappes d’eau, au fond. Plus loin, une forêt. Franges, frondaisons d’arbres noirs. Ciel pâle, clair, bleuté. Les troncs d’arbres s’entrecroisent ; on parle dans ce cas de parallaxe ? Un chemin en « S » allongé. Bâtiments gris verdâtres. Des plaques de ciment. Sillons. |
Fragment 5. |
Non daté.A la Poste, une file d’attente. Orangé sac FNAC, à la main. Attendez S.V.P. Une fille en bleu renifle. Une flèche indique la sortie. Sac sur l’épaule. Un homme, accoudé au guichet s’adresse à une employée : « C’est la seule chose que je connaisse sur terre… et j’ai rien d’autre dans la caboche. » |
Fragment 6. |
Non daté.Tôt le matin. Ciel gris nuageux. Un avion. Résonances, échos. Le son de l’avion, par vagues, nappes d’air. Puis se déforme. Grincements. Des grondements sourds, ensuite. Un long portail de fer. Des barres en travers, épaisses, de section carrée. En hauteur, elles sont plus étroites et un peu plus proche les unes des autres, plus rapprochées. Une automobile blanche sur le parking, une AUDI. A gauche, un vaste bâtiment gris. Toit en cône. Deux conduits d’aération à chaque extrémité. Devant, du côté du parking, une tourelle. Mur d’enceinte gris de haut. Le portail coulisse sur un rail. S.E.T. Société Equipements Textiles. Défense absolue de toucher aux fils électriques. Signe de contact sous tension. Danger de mort. Propriété privée. Accès interdit à toute personne étrangère à l’entreprise. Réception publication et remise des administrations. Quai Nord. Entrée du personnel. Affaissement du sol. Vers une grande porte sombre. Deux camions au fond du parking. Vitres. Des petits carreaux. Au fond, bâtiments blancs. Très au-delà du mur. A droite. Une structure métallique, haute. Au sommet, cinq ou six projecteurs éteints. Les soubassements des bâtiments sont en partie recouverts de peinture blanche. Murs gris. Béton. Vitres séparées. Violet mauve, lit de vin. Grand parking. Etendue. Section portail ronde. Rouille. Peinture blanc cassé mauve. Porte centrale grise. Assez haute. Quelqu'un soulève des rideaux de fer articulés. Au nombre de trois ou quatre. On perçoit un claquement. Les éléments mobiles des rideaux. S’enroulent. Troncs d’arbres noirs, mouillés. Reflets verts. Bandes en réseaux. Envahissement du ciel. Dix-huit arbres sont visibles. Branches nues emmêlées. Au fond plus fines, plus étroites. Devant, sans pouvoir y déceler quoi que ce soit. Un immeuble de vingt-huit étages. Blanc. Trous des balcons. Fenêtres. |
Fragment 7. |
Non daté.Des automobiles au carrefour. Feux de signalisation. A l’arrière. Rue à sens unique. Tout le long du trottoir, côté gauche, une file de véhicules en stationnement. Portion de boulevard visible au bout. Deux hommes, côte à côte. L’un d’eux porte un sac plastique (indication de matière) à la main. Plus loin, deux personnes remontent la rue. Magasin d’habits, un bar. De plus en plus de gens sur le trottoir. Même direction. Femme en pull-over rouge à une fenêtre. Immeubles. Blocs. Barrières. Bouches d’incendie. Fenêtres. Vitres serrées. On ne voit rien au travers. Regard mort. Reflets. Rideaux tendus. De différentes manières d’être tendus : partiellement, complètement ; parfois repliés à gauche : sur le côté gauche ; ou à droite : sur le côté droit. Froissement des étoffes - troubles - cachent l’intérieur. Gouttières le long des murs. Tout à fait à gauche, suivant, au-dessous des cheminées, trois fenêtres verticales - l’une sous l’autre. Deux hommes ; le plus âgé tend le bras, en direction. Se retourne. Au fond de l’avenue (boulevard) : courbes des immeubles dressés. Des yeux, deux ou trois fois ; Fuji-Film. La courbe. Dénivellation du terrain. Forme en quelque sorte un promontoire. Vaste espace de ciel. Les immeubles au point limite du ciel. Une barre bleue plus au fond. Des enfants courent derrière le grillage. Une poubelle verte. Les murs s’imbriquent les uns dans les autres. Fentes. Fuites, lignes de fuites. Perspectives. Des fenêtres en séries. Des panneaux, des palissades. Des poutres de bois brut. Planches de bois sombre. Des graffitis couvrent les bas des murs, à hauteur d’homme. Sur certaines parois, on distingue l’emplacement des anciens appartements. Des rectangles plus ou moins allongés, plus ou moins hauts, couverts de peintures ou de papiers peints décollés, déchirés. Je traîne dans le vaste. |
Fragment 8. |
Non daté.Un grand panneau blanc, avec une affiche jaune : un phare blanc. Il fait nuit. |
Fragment 9. |
05.03.00. 11h02.Les platanes le long du trottoir. Branches vides. En pinceaux sans pointe. Une grille doublée de grillage. Courtes mailles en losange du grillage. Au fond : brouillard brun des branches, toile, gaz tendu s’efface. Ciel pâle. Un réverbère. La lampe gris sale, accrochée à l’extrémité d’une forme de S distendu. Conteneur. Recyclage du verre (VRre). B138. Pour la tranquillité des riverains/ merci de ne pas jeter vos bouteilles entre 21h et 7h. Déposez ici vos objets en verre. Bouteille. Pot. Bocal. Flacon. Les bouteilles intactes sont réemployées. Le verre brisé sera refondu. Mais attention, ne jetez absolument pas : capsule, bouchon, faïence, porcelaine, plastique, ampoule. La présence d’éléments étrangers lors de la fusion du verre compromettrait les résultat de l’opération. Réservé au verre usagé. Notice d’utilisation et de sécurité. Colonnes de collecte sélective. Modèle à ouverture sur ridelle. Utilisation d’un crochet tournant. Blindage de la colonne. Approche vers le véhicule collecteur. Manœuvre à proscrire. Elingage incorrect. Chocs sur les ridelles du véhicule collecteur. Mise au sol de la colonne incorrecte. NE PAS TRAÎNER SUR LE SOL. Consignes de sécurité. Adapter le matériel d’élingage à la charge du produit. Lors des manipulations des colonnes, s’assurer que personne ne se trouve dans le périmètre de travail. Conseil d’installation : poser la colonne sur une surface plane et dure. AVERTISSEMENT : PLASTIC OMNIUM ne peut-être reconnu responsable des incidents survenus sur les produits de sa fabrication à la suite de modifications apportées sans son autorisation. PROPRETE DE PARIS. Une grande cause mérite bien une bonne bouteille. Collecte du verre. Pour chaque tonne de verre recyclé, la Mairie de Paris reverse 20f pour la lutte contre le cancer. Sur le sol, nappe - pâte de soleil. Le soleil ou plutôt la lumière du soleil, traverse les grilles, grillages métallique. Troncs, dessins d’ombres et des grilles et grillages. Auréoles, papier, plastique, bouteille de verre. Immeubles. Lumière. Stores baissés. Diversement baissés selon l’orientation des ouvertures. Baissés/levés, ça dépend. Paroi dans l’ombre. Cinq espaces. Des briques de verre - ici, je recenserai tous les matériaux employés dans l’édification d’une ville. Devant, dans la lumière du soleil, les fenêtres, les rideaux tirés sur les vitres. Carreaux noirs. Ombres tellement denses qu’on dirait qu’il n’y a pas de carreaux aux fenêtres ; ou même, pas de fenêtres du tout. Barrières des immeubles, des falaises. Arc. Façades tendues, poussées contre la forme de l’arc. Les perspectives s’affaissent ; ouverture. Angle large. Grand angle ouverture rectangulaire. Loin. Train. Martèlement sourd. Quelque chose de creux. Vers le creux. Souterrain. Un homme marche rapidement sur. Train. Bord extérieur. Porte sur son épaule gauche un filet de pomme de terre. Sonnerie. Chuintement. Train. Grincement. Roues, essieux cognent. Rythme : deux courts. Les aiguillages. Deux courts. Deux traits. Lignes blanches s’épaississent. Epaisseur. Métal usé lisse. Odeur tiède d’un moteur. Forme de vase du ciel. Entre les bâtiments, rues en pentes. Sifflement. Accélération sur les plaques, nœuds réguliers. 11h47. |
Fragment 10. |
15.03.00. 17h31.Immeuble rose. Court, haut. Fentes des balcons. Rectangles étroits se succèdent. La rue. Des enseignes. Un vieil homme traîne ses talons sur le bitume. Sol. Tous les deux pas environ. Au fond de la ruelle, un autre immeuble. De face. Façade étroite. En biseau. Bruit de moteur. Klaxon. Les véhicules descendent la rue vers. 17h35. |
Fragment 11. |
16.03.00. 5h43.Sortir mettre à. La lumière dans la salle de bain. Puis [dans] le couloir. Puis contre la porte. Blanche. La pièce, éclairage blanc. Pas un bruit presque. Le réfrigérateur. Un ronronnement irritant ou. Puis cesse. Un autre chuintement. Sans parvenir à en déceler la provenance [l’origine]. Un petit craquement. Pas un son. J’ouvre la fenêtre. Vision de cet homme grand, marchant [qui marche] devant moi. Lenteur de ses pas. Un déhanchement peut-être. Il porte un long imperméable clair. Des tâches jaunes sur les épaules qui descendent dans le dos, jusque sous les omoplates. L’imperméable lui tombe sur les chevilles. Chaussé de bottes, talons éculés ; sa démarche est lente, lourde, chaloupée, peut-être à cause des bottes. Un coup de klaxon au loin, puis plus rien. |
Fragment 12. |
Non daté.Bâtiment. Masse architecturale imposante. Briques. Du ciment ocre entre les briques. De grandes baies vitrées. Deux ailes attenantes au corps principale. La lumière de l’est passe au travers des baies vitrées [orientées est-ouest]. |
Fragment 13. |
22.03.00.Par fureur. Marcher. Haut-parleur. Annonce, puis cesse. Panneau. Métro. Puis une flèche. Ouverture, puis vitre, rue. La lumière extérieur u.s.w. [und so weiter]. Une rangée de grilles à droite. Le bâtiment de la gare. Des promeneurs. Soleil. Nappes. Par nappes. Au soleil, en plein. Sirène . Ambulance. Entendre. Voir. Bougés d’ombres. Je marche entourée de bougés d’ombres. Bougés silhouettes. Bougés couleurs. Je me dirige. J’avance dans les bougés. Partout. Sans. Je relève la tête, me redresse. Mes pas. J’évite les gens, les promeneurs qui me frôlent, que je vois à peine [avec peine]. Je les vois juste. Des bougés [avec des]couleurs bougées me heurtent [me] font dévier [de] ma trajectoire. Bougés de couleurs avec des couleurs me font frôler des couleurs bougées. Le bas. Soubassement d’un édifice. Mur rouge. Des rires. Je ris de rire, de larmes de rire. Une odeur de soupe. Une odeur de rire. Je marche, j’avance. Je marche toujours. J’avance toujours dans le bougé de rire. Je veux traverser. Je traverse les rires et les bougés me versent dans la traverse des rires, des rires aux larmes [il n’y a qu’un pas]. Mais j’ai de la fureur en moi. Je marche dans la fureur qui est en moi. Je suis un contenant de fureur et je ris de fureur. Je ris, ma fureur prend des couleurs. Au loin, devant, un pont. Croisées d’acier. Se croisent. Rivets. Cé rien ! Une rame. Ca va passer. Ca passe. C’est passé. J’ai passé la rue. Mais on entend encore le crissement de rame sur les rails, les croisées qui vibrent, les essieux qui grincent, l’acier, la tôle bringuebalée. Terrasse d’un café. Tables blanches sur le trottoir. Un homme seul assis au bout. Soleil ou lumière, ou je ne sais pas. Dans les arbres, dans ce que je ne sais pas des arbres. Noir réseau des branches ; ne résiste pas à la lumière, s’efface dans la lumière. Qui donne au soleil. Un soleil jaune couvert de brume -lumière brune acide accroche et l’air acide, irrite les parois nasales. Bruits et musiques se mêlent. Sur la place -esplanade, des manèges et des stands où on vend des gaufres, beignets, bonbons. Quelqu'un éternue. Une vitre renvoie un éclat de lumière. Une grille de fonte. Des lignes parallèles de lumière. Quatre personnes marchent devant. La lumière est brune et douce dans les pas des promeneurs, implantée dans les gestes -mouvements de ballant des bras des jambes du tronc -des épaules. Un garçon, type maghrébin -petite barbiche brune, commissures des lèvres rapprochées l’une de l’autre. Seule vision… passe. Une cabine téléphonique. Les volets des immeubles, clos. Petites plaquettes d’argent mouillées : les vitres. Je m’avance vers. En direction de. Sans direction et à la fois, quelque chose avance en moi. Mes pas se vident sur le bitume tandis que le bitume prend sa place en moi, dans mes pas. De longues rangées d’immeubles ; successions de fenêtres, des terrasses de café envahissent les trottoirs. La lumière incube sur le tronc des arbres. Et toujours ne pas comprendre se qui se passe là, dans ce qui se vide et dans ce qui remplace ce qui se vide. Continuer à marcher jusqu’au bout de l’esplanade. L’esplanade se vide de la lumière brune et tout se vide dans l’esplanade -opacité. Et ce qui se déverse encore. Une ruelle se perd au loin -dans les lignes verticales des angles des murs, successivement serrées les unes vers les autres. Facettes lumineuses -ou de couleurs. Toitures. Cheminées serrées. La lumière déballée sur les murs orientés est-ouest. Odeur de pierres mouillées. |
Fragment 14. |
23.03.00.Esplanade. Sur les dalles roses. J’entends le vrombissement des moteurs. Des bruits de pas. D’une silhouette, rien que le bas des pas, juste la limite entre les semelles, le sol. Rien que les pas. Du mouvement. Les chaussures, les mollets, les jambes. Marche arrière. Bruit de quelque chose de dur. Un mouvement, quelque chose qu’on soulève. Un claquement. Rires. Rires d’une jeune femme. Voix claire, très sonore. Le mouvement des véhicules, à la périphérie de mon champ visuel. Des traces claires. Des traces plus foncées. Des couleurs. Du bougé. Des cris. Une adolescente pour crier comme çà, sans doute. Pigeons, bruits d’ailes. Les corps qui se soulèvent. Masses brunes ou grises qui se soulèvent d’un demi-mètre. Un groupe de pigeons à quelques pas de moi. Bruit. Grincement. Quelque chose de rauque. On dirait que c’est rigide, dur, que ça frappe, que ça arrache, que ça tourne, que ça plume. La troupe des volatiles, d’un seul coup… ou plutôt non, les uns après les autres, mais avec ce mouvement caractéristique des… je ne sais pas, de ces oiseaux là, un mouvement de groupe, de troupe, comme s’il ne s’agissait que d’un seul corps d’oiseau, du corps entier d’un « méta-oiseau » …quitte le sol. Bruit. Toujours le même, comme un roulement continu, un assourdissement de l’air. Brassage de la masse atmosphérique, tiède, épaisse, grasse et acide. Des brassées d’air, de l’air par brassées. Des compartiments d’air déplacés, tournés, tourbillonnés. Un tissu continuel de bruits. Sirènes. Des garçons passent devant moi : « Excusez-moi ! » Rires. Vibrations du sol. Le passage d’un métro souterrain. La rame qui se déplace à… combien de mètres sous terre ? Combien de mètres cubes de béton fait-elle vibrer ? Combien de tonnes de poutres d’acier, de piliers, de forces contraires entre en jeu dans tout ce processus. Mais ne pas laisser les choses ainsi. Transformer par la suite. Bruits, tissu de bruits continuel. Claquement, quelque chose qu’on glisse sur une surface dure et creuse. Bruit d’une porte qu’on referme. Grincement derrière moi. Bruit d’une porte encore, un claquement. Une camionnette blanche tourne l’angle, vers la droite, s’enfonce dans la ruelle. Lettres jaunes : CASTORA… interrompues par un immeuble, lorsque je regarde dans cette direction. Ensuite, il faudra découper tout çà. Je ne sais pas ce que çà peut donner ce genre de truc. Les immeubles, les uns contre les autres. Je les ai compté : six. Parois jaunes. Les toitures grises. Tous pareils. Un même nombre de fenêtres sur chacune des parois. Décidément, rien ne change pour eux. Seulement la lumière, l’incidence de la lumière sur les parois, qui n’est pas identique d’un bout à l’autre de la rangée d’immeubles. Voix, vibration du sol, à nouveau. « Parce que c’est lui son frère… lui c’est son frère. » Rythme. Froissement d’étoffe de type synthétique. Bruit clair, plus aigu, plus sonore que pour la plupart des autres matières vestimentaires. Trois jeunes filles, habillées de vêtements clairs. Jaune paille et jean délavé. La rue monte. Vers ? On distingue quelques visages. Ceux des gens qui traversent au niveau de cette artère. Les véhicules s’organisent les uns les autres, selon des codes de conduite bien précis, ou plutôt plus ou moins précis, disons selon des codes qui contiennent tout de même une certaine latitude de mouvements marginaux : suivant des systèmes d’erreurs et de liberté ou d’anarchie tolérées ? Des voix de femmes. Des rires. Des paroles ou sons inarticulés mais qui rappellent la phonation humaine. ESCOFFIER, tout en haut d’un immeuble, visible au-dessus d’autres immeubles. Lettres jaunes. A gauche, sur l’esplanade, des affiches publicitaires se déroulent à l’intérieur de panneaux, toutes les cinq secondes environ, soit dans un sens, soit dans un autre. Chaque fois cinq dans chaque sens. -Du soleil sur les peintures lisses des automobiles sinon, fuite, vent, rainures. |
Fragment 15. |
Même jour, soirée.Il pleut. De la rue. Une fenêtre entrouverte. Le cadre recouvert de peinture marron foncé. Tasseaux de haut en bas, de gauche à droite. Rectangles des fenêtres. Vitres opaques. Rideaux tirés opaques blancs. Une ampoule brille entre les tasseaux. Poids lumineux. Central. |
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Journal 2. (Notes prises au cour des trajets Gare St Lazare / rue Ganneron, du 01.03.00 au 15.03.00). |
Fragment 16. |
01.03.00. 13h18.Passants. Trottoirs mouillés. Deux femmes. Rires. Voix. Le bus 43. Ronfle. Homme sur le côté. Porte claque. Plaques. Pavés. Auto rouge. Silhouette gauche. Traverser. Auto rouges bleues. Moteur. Camion bleu. Vielle femme. Femme devant, parapluie à la main. Autre sac, dépasse parapluie. Moteur. Bruit de plus en plus fort. Moto. Bar LE MILAN. Lettres roses. Camion. Bruit broyé. Femme, enfant. Dépassent camionnette jaune. Bruit accélération. Moteur fort aigu s’éloigne. Arrêt banque. Traverser. Une femme. Un homme. Porte. Verre. Femme devant. Voix. Machine à café ( le bruit ). « - Non ! ». Brouhaha voix. Vélo accroché à la rambarde. Utilitaire poste. « - Travaillez bien ! ». Femme sac épaule. Bandoulière. Manteau gris vert. « - Lâche-moi ! ». Clignotants. Porte verte. Utilitaire EDF. Quelqu'un tousse. Moteur. Plastique. Bruit talons. Ligne trottoir. Moteur continu. Femme tousse. Gabardine bleue. Deux femmes. Une troisième. Cliquetis vélo chaîne. Enchaînement. Moto. Deux phares. Bus. Parking assuré. Jeune fille écharpe claire. Ombre. L’ombre d’un homme. Vitre. Miroir. Plaque GAZ. Plaque ajourée. Aération. « - Mais attends ! ». 13h32. |
Fragment 17. |
02.03.00. 12h58.Taxi. L’eau et les hommes. Gens courent. Estafette rouge. Moto. Bruit moteur. S’éloigne papier. Trois personnes. Bruit talons. Moteur. CENTRE MEDICAL EUROPE. Soleil. Ombre. Trottoir. Véhicule blanc. Des gens font la queue. Bruit papier. Paroles incomplètes. Un bus. Taches de peinture blanche. Une femme devant étal. Pot en verre dans plastique. Transparence. Jeune femme sort bar. Code porte d’entrée. Ronflement moteur. Jeune fille marche. Déplie un magasine devant elle. Un homme pénètre dans un hall vitré. Bus 81. PALAIS ROYAL. Une femme court. Klaxon. Moto. Tourne. Plus de véhicules. Trois personnes toujours devant. Deux femmes. Un homme. Un homme balaie trottoir. Une femme sac à main droite. Groupe de jeunes gens. Bruits sourds. Benne qu’on charge. Un homme devant la vitrine. Vespa. Les trois personnes ont disparu. Deux femmes. Un jeune homme. Paroles. Une femme portable à l’oreille gauche. 13h06. |
Fragment 18. |
06.03.00. 12h52.Ou peu. Mur. Volets fermés. Plume. Manteau. Homme sac à dos gris. Soleil peu le mur. Femmes ; groupes sur trottoir contours. Vélos. Véhicules descendent la rue. Nappes ; sol. Miroitement. Etoile lumière parechoc. « - Dans ce contexte là ! ». Un homme râle après les meufs. Les traite de pétasses. Epaules sombres. Un papier dans la main contre poitrine. Balance bras. Avance pieds. Puis l’autre. Bruit de moto. Deux femmes parlent derrière. Trottoir entre ombre. Et soleil demi-coupé. Etoile de lumière. Ombre glissement. Reflet glissement. Bruit moteur. Plaque fonte ronde. Grille bas mur. Grille trottoir. Succession lignes horizon grilles aération. Grillage ombre glisse sol. Plaques rondes. Plaques rectangles. Grilles. 13h01. |
Fragment 19. |
Même jour 16h35.Plots béton bord trottoir. Bruit talons devant. Caddie. Homme portable oreille droite. Deux hommes point téléphone. Plaque. Traverser soleil. En plein soleil. Terrasse. Ombre lumière. Se mélangent. Deux femmes. Lumière par paquets d’un phare. Un homme avec un vélo main droite. Main salut autre type lui serre la main. Sac blanc cartable. CHANGE DEUX ANES. Véhicules station sur le bas côté. Clignotants. Trottoirs. Traverser. Esplanade. Des bancs. Des arbres. Frôlent. Longs véhicules garés. Cabines téléphoniques. 16h40. |
Fragment 20. |
Même jour 17h03.Sur faces. Facettes pleines de lumière. Des ombres bleues sur le trottoir. Ça remplit désemplit navigue. |
Fragment 21. |
Même jour 18h43.Découpe de ciel. Ça arrive tout droit d’un coup sec avec le bruit de l’eau. C’est pas différent du bruit. Froissement de l’eau avec des couteaux de ciel à l’intérieur. Lumière des éclairages publics. Des pas. Jambes pantalon blanc. Un garçon de café pousse les tables de la terrasse. Moteur. Une balayeuse électrique et toujours le froissement de l’eau. Le moteur. Les pas. Plissement des bruits ensembles. À l’intérieur. Des pas qui. Les lumières éclairages publics. Ça vient vers. Ça brasse. Moteur froissements. Les paves. Lueur. La lumière en plaques paquets. Ça ondule. Ça chuinte. Ça crisse traverse. Ombres jaunes et la lumière par paquets. Sacs plastiques et des paquets également sur les angles des capots. Murs sombres. Assombris. Circulation. Lumières encore. Avancer vers les marches. Plaques de lumières. Déstabilisation. Ça irrite parfois, quand c’est trop fort ou trop aigu. Ça irrite. Ça troue. On trouve dans l’oreille tout au fond. Paquets de lumière dans bougé. Une femme boitte. Ses épaules de droite à gauche. De gauche à droite. Lampes. Phares. Les yeux au fond. Ça traverse. Ça travaille. C’est des trouvailles. Tout ça au fond ça traverse. Ça se déverse. Dans le déversoir. Ça verse. Ça se verse. Ça fait mal. Ça appuie sur le fond des yeux. Ça fait rien. Ces lumières, ces petits carreaux brisent les pas dans l’ombre. Des rampes. Des piliers. Des traces. |
Fragment 22. |
08.03.00. 12h55.« - A tout le monde ! ». Pluie ou postillon de ciel. Bus un homme. Femme. Encore. Un groupe de passants pressés. Moteur. Les véhicules qui descendent la rue. Glissent. Ecoulement. Fluidité. Un homme dans ses bras sac rouge. Trois hommes en costumes couleurs criardes. Gris. Le gris du ciel. Qui tombe sur le trottoir. Les sons. Bruits sûrs. Une vieille dame. Main sur le menton. Homme main. On trouve. Moteur strident. Rires. Des paroles. Des personnes debout devant les étalages. Des marchandises. Une jeune femme. Cigarette. Deux adolescentes. Une femme devant des téléviseurs. Un homme, vélo à la main, discute avec un autre. Une femme se mouche. Une moto. |
Fragment 23. |
09.03.00. 12h52.Talons moteur souffle. Chaude odeur de gasoil. Air jean. Une jeune femme le visage clair. Une femme, portable : « - Je suis dans la rue, je croise les gens ! ». Klaxon. Repousse tous les autres sons. Echos deux coups. Camionnettes stationnées. Groupe. Le bar. Tables chaises sur le trottoir. Un couple. Un groupe. Puis le trottoir presque vide. Bougé à gauche. Vitre miroir. Porte. Porte. Froissement veste Tergal. Un homme sur le trottoir. Enveloppe à la main. Deux jeunes femmes. Des marchandises à l’extérieur sur des palettes. INSTITUT NATIONAL DE LA PROPRIETE INDUSTRIELLE. Une femme. Un véhicule clignotant. STATION. FIN DE SERIES. Vitrines. Plaques rondes. Damiers. Une chaîne. SELF GRILL. Lettres bleues vertes. GRILL. En lettres rouges. 13h00. |
Fragment 24. |
15.03.00. 13h05.Bruit de pas. Lumière après le couloir. Tout le long, des affiches publicitaires. Bruit moteur. Talons. Ronflements. Ronronnements. Un tintement. Sons des cloches. ARRÊTS FREQUENTS. Une porte claque. Une seconde. Une troisième. Autre chose qui claque. Un éclat de rire. Talons. Une queue de cinq ou six personnes à la sandwicherie. Café. Droite de la rue. Des barrières tout le long du trottoir. Vertes et grises. Non pas des barrières tellement, mais de ces plaques de tôles ou de matière plastique ondulées, crénelées. De nombreuses personnes descendent la rue. Des véhicules, devant qui apparaissent, disparaissent. La terrasse d’un café vide. Partiellement exposé au soleil. Bruit de pas. Quelque chose claque. « - Bon, qu’est-ce qu’on fait, on prend le bus ou on y va à pieds ? ». Des enfants. Des cris. Des appels. Le soleil sur la feuille de papier. Le trottoir presque vide. Des voix derrière. « - Ça doit être bien chiant quand tu y pense ». SORTIE DE GARAGE. DEFENSE DE STATIONNER. Le trottoir coupé en deux. D’un côté le soleil, de l’autre pas. TA IS. Lettres rouges, lumineuses. À droite. 13h16. |
Journal 3. (Notes prises au travail. Du 01.03.00 au 09.03.00). |
Fragment 25. |
01.03.00.Matin. Un homme. Pas. Des pas encore. Mouvement des jambes. Pas. Piétinement. Le bruit des chaussures, du cuir, de la semelle. Des pas vers. Un homme traverse. Reflets dans les vitres. Un bar situé juste en face. Homme pousse porte. Homme veste. Vieil homme. Manteau gris de dos. Homme costume. Femme manteau beige. Sac noir et bordure grise. Bras droit. Homme veste bleue marine. Chaussures brunes. Immobile. Regarde se retourne. Sac bleu marine épaule gauche. Une vieille femme manteau laine jaune perle. Sac noir main gauche. Sac blanc main droite. Homme grand gratte debout s’en va. Homme bleu marine debout. |
Fragment 26. |
02.03.00. 11h09.Femme debout sac rouge traîne derrière revient. Homme se retourne. Trois hommes de l’autre côté. Moins un qui s’en va. Femme arrive sac sous son bras. Sac à main. Plus personne. Homme papier main sur les lèvres. Immobile. Quelques pas. A droite puis à gauche. Puis à droite. Tend le bras. Femme écharpe verte sac à dos. Sac rouge. Billet de train à la main. Vieil homme sac blanc. Lunettes verres fumés. Petit gros veste jaune. Penché vers les journaux. |
Fragment 27. |
03.03.00. 6h47.Jeune femme lisant à droite. Homme sacoche debout devant. Un homme s’en va. Cigarette. Change. Jeune homme sac rouge. Une femme. La jeune femme s’en va. La femme s’en va. Un homme sac main gauche. Claque ses talons sur le sol. Sac noir cuir. Plus rien. 6h50. |
Fragment 28. |
| VOITURE CIRCUIT. CIRCUIT. DESTINATION. PARIS- NORMANDIE 76187 ROUEN CEDEX. SERVICE DES VENTES tel :02.35.14.56.13. MESSAGERIE DISPENSEE DU TIMBRAGE. N° COIFFE. Qte LIVREE. PAQUET. QUANTITEE COIFFE. EDITION. CODE DEPOT. DATE TIRAGE. PARIS-MANTES-POISSY. VERNON. GISORS. EVREUX. LOUVIERS. BERNAY. PONT-AUDEMER. DIEPPE-LITTORAL. CAUX-ROUEN. ROUEN. BRAY. ELBOEUF. ROUEN AGGLOMERATION. TOTAL INVENDUS. |
Fragment 29. |
06.03.00.Homme blouson jaune. Homme sac. Groupe de jeunes gens. Homme ouvre valise. Un homme mallette. Reflets sur vitres. Devant. Plaques de ciel. Sur. Surface. Femme blouse bleue. Lisse vitrée. Formes. Bougés sur vitres. Mélangées.9h25. Envie de dire ce qui se passe sur, devant et derrière la surface vitrée. Homme accoudé au bar. Lampe. Lampe. Homme bougé devant lampe. Homme parka rose croisement. 9h41. Ombre traverse plaque. Lumière. Bougé de lumière. Bougé à l’intérieur de la lumière. Ombre dans bougé silhouette. 10h43. Femme cheveux blonds longs. Homme bougé. Homme se retourne dans bougé. Lampe puis trois lampes. Ombre perdue dans lampes. Ombre bougée dans la surface claire. Femme cheveux blonds et longs, portable sur l’oreille. Bougé dans la vitre. Femme. Talons. La lumière extérieure. Fenêtres. Reflets. Plaques de lumières.10h49. |
Fragment 30. |
08.03.00.Sac côté gauche. Au bout main. S’avance. Blouson. Femme. Homme avec une valise à ses pieds. |
Fragment 31. |
07.03.00. 11h26.Un homme blouse blanche. Homme main dans poche. Se gratte l’oreille. Se penche. Vieille femme. Ça ne. Un garçon grand. Bougé. Bougé à nouveau. De la lumière jaune dans les vitres. Passage de gauche à droite. Ombre noire. Reflets sombres. Découpes de silhouettes. Contours clairs. Du clair qui traverse le bougé. L’inverse du bougé dans du clair. Une vielle femme avec un sac vert. 11h29. |
Fragment 32. |
09.03.00. 10h59.Pièce qui tombe. Un homme devant journaux. Un second. Un homme marche. Une vielle femme. Béret sur cheveux gris noirs. « - Ça va. Quel temps qui fait chez vous ? Ben, ici i fait un froid, mais un froid, mais un froid ! ». Une jeune femme sac sur l’épaule. S’arrête se retourne s’en va. Un homme se penche. S’en va. Un second à gauche. Se penche. Fouille l’échelle murale. Tête penchée. Froissement des journaux. Se penche. Se redresse. Se penche. Disparaît. Revient. Fouille son porte-monnaie. Bruit des pièces. Un homme. Bruit de pièces. Journal sous le bras. 11h05. |